16 septembre 2008
"Poésie sensuelle, érotique..."
"Soumets-moi
Moi
Ton insoumise
Ta sauvage
Ton indomptée"
Blottir ma tendresse
Contre ta chaleur
Animale
Désireuse
En ivresse de toi
Mêler mon âme
A l'eau de ton âme
Et te rejoindre
Jouissive alchimie
"Le poète, bien loin d’habiter les nuages, est l‘être qui vit le plus près de son corps. Le plus près de ses sens. Pour écrire le poète utilise davantage ses sens que son intellect. Il est, comme le dit Éluard : «un professeur des sens». Il nous apprend à ressentir. Il est facile de découvrir, en lisant les poètes, que constamment ils regardent, écoutent, sentent, touchent et goûtent. On dit même, que cette sensualité de la poésie explique le manque d’intérêt des occidentaux à son égard. Notre éducation nous portant à repousser les plaisirs du corps, le plaisir du jeu, le plaisir de vivre. Tandis que les peuples primitifs et les Orientaux sont naturellement ouverts, eux, à la poésie. Aussi, la poésie est-elle toujours la première littérature d’un peuple. Il y a toujours chez un peuple de grands poètes avant d’y avoir de grands romanciers."
Marion Lubreac est auteur de poèmes érotiques ou « classiques », de contes fantastiques ou de nouvelles, elle joue avec les images et les mots de façon somptueuse. Créations riches, de son imaginaire fantasque.
Marion fabule, Marion affabule, son verbe bourgeonne et sa plume fleurit... Sous sa verve, les mots et les images débordent d'une vie végétale, métamorphosées par des greffes sauvages, miracle baptisé "lubréaction", la bouture vit...
Épidermes Enlacés Je veux hanter ta vie. |
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Bacchanales
Ouvre donc la cage aux amours retors !
Libère nos âmes des affres du remords !
Je veux déchaîner ta lascivité
Exacerber ta sensualité
Te griser, t’enfiévrer, t’enivrer…
Te soûler de baisers langoureux :
Laisse- moi te fasciner,
T’envoûter
Et te prendre,
Livre-toi …
Exaltation d’émotions délicieuses
Mes lèvres capiteuses
S’ouvriront pour ton plaisir
Voluptueuses
Caressantes
Enveloppantes :
Cède-moi…
Je veux te savourer
Te laper
T’affoler
Et te boire
Ouvre-toi…
Égarer ta raison devient ma seule mission :
Faire de toi mon amant et ma tendre prison.
Elle l'a provoqué
Il fait feu dans la bagarre
Elle subit l'assaut !
Au fil de nous
Ses reins accompagnent le galbe frissonnant
des vagues de son corps attisé
Torsion de sa chevelure, un tour, puis deux,
autour de son poignet
Caresse de sa bouche à la langue tendrement câline
sur les pointes impérieuses
Vulve agacée par la brûlure de son membre tendu
Rage d’essences
Orgasmes triomphants.
Que ma soumission
Te ravisse
Que tu grognes de plaisir
Ton désir d’explosion
Lactance
Suce
Excite
Lèche
La raideur de son membre
A t’empaler la bouche
Que son sexe se dresse
Droit comme de la corne
Sous le feu de tes sens
Suce
Excite
Lèche
Que tous ses muscles bandent
A lui darder la peau
Que ta passion l’attise
Ainsi qu’une hérésie
Enfer de sa damnation
Suce
Excite
Lèche
Transpire son odeur
Comme une chienne en rut
Viole et mange sa bouche
De tes lèvres gourmandes
Que tes cheveux l’enivrent
Suce
Excite
Lèche
A mordiller son torse
Affoler l’animal
L’aimer à l’épuiser
A lui offrir la voie lactée
Va et viens du sexe
Les pointes de ses seins lourds
Ruissellent d'amour
Longs doigts d'expert
Enflamment sa vulve ouverte
Plaisir infini
Hom'mage
Mon ventre impérieux
M’éveille :
Mes reins se cambrent en appel de toi,
Mon échine frissonne
Du désir de ta peau
Pour courir
Tout au long de mes cuisses.
Fesses lovées contre toi
J’écoute le chant de tes paumes
Expertes
Ruisseler sur ma nuque.
Ton souffle dans mes cheveux
M’attise
Allume moi encore
Jusqu'à la jouissance
Montre moi le soleil de tes yeux
Que mon corps nu se pare
A la foudre de ton âme.
Embrase moi encore
Jusqu'à l’inaccessible
Que jaillissent des gerbes de flammes
Au réveil de nos offrandes volcaniques
Orgiaques agapes
Fusion totale de nos sens explosés
Où l’amour et la mort se rejoignent
Désir de toi
Explose- moi en bouche
Mon tendre seigneur
Et gagne ton apaisement
Viens
Laisse toi happer par mes lèvres gourmandes
Etire un voile d'or au gré de tes brunes prunelles
Et savoure l'instant
Où recueillie,
Agenouillée comme en prière
Je m'abreuve
Goulue
La bouche sensuelle
Les doigts habiles
Les seins bandés
A me griser de ta peau
si douce
Amoureusement
Tes mains m'emportent...
Obéir
L'âme offerte
Nimbée de ta puissance
Virile
Humer l'essence
De tes désirs
Oublier la raison
Murmurer ma tendresse
Mon amour
Mon amant
Éperdument
T'appartenir
28 juillet 2008
Effleurement d'Elle
Bien qu'il fasse nuit, mes paupières sont ouvertes,
Le sommeil est absent à cette heure avancée.
Mais proche de mon corps, à demi découverte,
Mon amour s'est blottie dans les bras de Morphée.
Je regarde éblouit cet être évanescent
Qui a gagné je crois un pays merveilleux
Où rêves et chimères sont toujours fleurissants
Dans ce jardin de l'âme obscur et lumineux.
J'aimerais bien poser sur celle que je veille
A peine avec mes doigts comme un effleurement,
L'ombre d'une caresse sans qu'elle s'éveille
Mais je n'ose pas et respire doucement.
Il m'arrive parfois de lui dire à voix basse
Par le souffle léger de mon coeur qui quémande
" tu peux te rapprocher, je te fais de la place "
Mais aucune réponse à ma douce demande.
Je n'en tiens pas rigueur étant un homme heureux
Et sa respiration m'apaise et me rassure,
A demi découvert, discret et amoureux
Je pose un baiser doux dessus sa chevelure.
L'aube parait, mes paupières ne sont pas closes,
Peut-etre cette nuit, enfin je le suppose
Morphée m'a oublié, cela ne se fait pas,
Mais très honnêtement je ne lui en veux pas.
Loïc
Merci à toi pour ta confiance et ce précieux cadeau...
08 juillet 2008
Muere Lentamente...
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à porter une nouvelle couleur
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement celui qui fait de la télévision son guide
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
celui qui préfère le noir au blanc, les points sur les "i" à un tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les cœurs blessés.
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement celui qui passe ses jours
à se plaindre de sa mauvaise fortune ou de la pluie incessante.
Il évite la mort celui qui se rappelle qu'être vivant requiert un effort bien plus important que le simple fait de respirer.
Pablo Neruda
03 juillet 2008
Dis quand reviendras–tu ?

Le temps est assassin et le rêve un mystère,
A trop vouloir aimer on finit dans l’errance
En quête de cet amour trop souvent en partance
Pour d’autres continents à l’autre bout de la terre.
La passion se déchire en lambeaux désuets
Appelle aux souvenirs et caresses indiscrètes
Souffle tel un zéphyr sur les baisers volés
Pour ranimer la flamme de l’amour obsolète.
Ne seraient-ce ses gestes sur mon corps scarifiés
Ou l’odeur de sa peau en mes sens imprimés
Je pourrais oublier ses mensongères promesses
S’il daignait m’avouer ses défauts de tendresse.
Pourquoi vouloir l’aimer, puisqu’il ne m’aime plus
Pourquoi le désirer, puisqu’il ne désire plus
Ce reflet féminin qu’en son âme je diffuse
En sensualité et paroles confuses.
Je garde sur mes seins et ma croupe d’airain
L’empreinte de ses doigts, la chaleur de ses mains,
Mon esprit envoûté par son lointain regard
Se consume en douleur sous son nouveau départ.
« Dis quand reviendras –tu, fredonne Barbara
Dis au moins le sais-tu que le temps qui passe
Ne se rattrape guère, ne se rattrape plus »
Et toi tu n’es plus là !
Découvrez Nilda Fernandez!
26 juin 2008
Juste des mots...
25 juin 2008
Modimo... Fais-moi l'article...
Fais-moi l’article, l’obscur sujet de tes désirs,
je te ressemble dans ce portrait tout craché,
tu me serres dans cette phrase, je suis troublé,
J’aime quand je ne sais où tu veux en venir…
Fais-moi l’article, le chaland aux belles demoiselles,
l’amour à l’étal pour un peu je m’oublierai,
le mensonge est ta vérité bien habillée,
et nu, je ne suis qu’un chagrin sans carousselle…
Fais-moi l’article, redis-moi mon nom,
dans un souffle, un murmure étouffé,
nous nous garderons dans un champs de secrets,
à l’abri, à l’abri de nos illusions…
Fais-moi l’article, mets-moi à l’affiche,
en quatre par trois que j’ai l’air plus grand,
promis, sur ma vie, je ne ferai plus l’enfant,
ou bien alors celui qui ne sait pas comment on triche…
Fais-moi l’article, déballe-moi tes arguments,
cette bretelle qui n’en finit pas de glisser,
j’ai la gorge un peu sèche tout s’est inversé,
une armée de frissons me rend impatient…
Fais-moi l’article, sors-moi de ma réserve,
sans plumes, nous jouerons aux indiens,
nous chercherons toutes les pistes de la main,
si tu y mets du tien, je ne manquerai pas de verve…
Fais-moi l’article, donne-moi de tes nouvelles,
à chaque coin de page, touche-moi dans la marge,
feuille roulée sous tes lèvres, emmène-moi au large,
dans ce voyage nous n’oublierons pas le sel…
Fais-moi l’article, je serai du dernier cri,
homme obsolète à la mode de chez toi,
rossignol à ta fenêtre ne sifflant que pour toi,
ma cage et la tienne et nos baisers au ralentis…
Texte de MODIMO
Merci pour cette plume dont je ne me lasse... enlacé dans le creux de ses mots, il nous berce sans maudire...on y revient sans cesse...
Allez visiter son site: http://modimo.canalblog.com/
17 juin 2008
The End...

Voici la fin
Mon bel ami
Voici la fin
Mon seul ami, la fin
De nos plans élaborés, la fin
De tout ce qui a un sens, la fin
Ni salut, ni suprise, la fin
Je ne te regarderai plus jamais dans les yeux
Peux tu imaginer ce que nous deviendrons
Sans limite ni entrave
Désespérément avides de quelque main étrangère
Dans une contrée désespérée ?
...
Perdus dans un désert romain de souffrance
Et tous les enfants sont devenus fous
Tous les enfants sont devenus fous
Dans l'attente de la pluie d'été,
Les abords de la ville sont dangereux
...
Voici la fin, mon bel ami
Voici la fin mon seul ami, la fin
Cela me peine de te laisser partir
Mais tu ne me suivras jamais
La fin du rire et des doux mensonges
La fin des nuits où nous avons voulu mourir
Voici la fin
Interprété par The Doors
Découvrez The Doors!
Dans l'amnésie du temps…

Et vient l'heure
De l'apprivoisement
Celui des vieux rêves
Et des anciennes peurs
Tous ces visages de nous qui dorment
Et que l'obscurité réveille
Au mitan de la nuit
Ce Toi de l'instant
Ce Moi soudain
Ce Nous surgissant
Dans l'amnésie du temps…
17 mai 2008
Jacques Brel
Vivre debout
Paroles et Musique: Jacques Brel 1962
" Voilà que l'on se cache
Quand se lève le vent
De peur qu'il ne nous pousse
Vers des combats trop rudes
Voilà que l'on se cache,
Dans chaque amour naissant
Qui nous dit après l'autre
Je suis la certitude
Voilà que l'on se cache
Que notre ombre un instant
Pour mieux fuir l'inquiétude
Soit l'ombre d'un enfant
L'ombre des habitudes
Qu'on a planté en nous
Quand nous avions vingt ans
Serait-il impossible de vivre debout
Voilà qu'on s'agenouille
D'être à moitié tombé
Sous l'incroyable poids
De nos croix illusoires
Voilà qu'on s'agenouille
Et déjà retombé
Pour avoir été grand
L'espace d'un miroir
Voilà qu'on s'agenouille
Alors que notre espoir
Se réduit à prier
Alors qu'il est trop tard
Qu'on ne peut plus gagner
A tous ces rendez-vous
Que nous avons manqués
Serait-il impossible de vivre debout
Voilà que l'on se couche
Pour la moindre amourette
Pour la moindre fleurette
A qui l'on dit toujours
Voilà que l'on se couche
Pour mieux perdre la tête
Pour mieux brûler l'ennui
A des reflets d'amour
Voilà que l'on se couche
De l'envie qui s'arrête
De prolonger le jour
Pour mieux faire notre cour
A la mort qui s'apprête
Pour être jusqu'au bout
Notre propre défaite
Serait-il impossible de vivre debout."
Quand se lève le vent
De peur qu'il ne nous pousse
Vers des combats trop rudes
Voilà que l'on se cache,
Dans chaque amour naissant
Qui nous dit après l'autre
Je suis la certitude
Voilà que l'on se cache
Que notre ombre un instant
Pour mieux fuir l'inquiétude
Soit l'ombre d'un enfant
L'ombre des habitudes
Qu'on a planté en nous
Quand nous avions vingt ans
Serait-il impossible de vivre debout
Voilà qu'on s'agenouille
D'être à moitié tombé
Sous l'incroyable poids
De nos croix illusoires
Voilà qu'on s'agenouille
Et déjà retombé
Pour avoir été grand
L'espace d'un miroir
Voilà qu'on s'agenouille
Alors que notre espoir
Se réduit à prier
Alors qu'il est trop tard
Qu'on ne peut plus gagner
A tous ces rendez-vous
Que nous avons manqués
Serait-il impossible de vivre debout
Voilà que l'on se couche
Pour la moindre amourette
Pour la moindre fleurette
A qui l'on dit toujours
Voilà que l'on se couche
Pour mieux perdre la tête
Pour mieux brûler l'ennui
A des reflets d'amour
Voilà que l'on se couche
De l'envie qui s'arrête
De prolonger le jour
Pour mieux faire notre cour
A la mort qui s'apprête
Pour être jusqu'au bout
Notre propre défaite
Serait-il impossible de vivre debout."
IL NOUS FAUT REGARDER
1955
Derrière la saleté.
S'étalant devant nous
Derrière les yeux plissés
Et les visages mous
Au-delà de ces mains
Ouvertes ou fermées
Qui se tendent en vain
Ou qui sont poings levés
Plus loin que les frontières
Qui sont de barbelés
Plus loin que la misère
Il nous faut regarder
Il nous faut regarder
Ce qu'il y a de beau
Le ciel gris ou bleuté
Les filles au bord de l'eau
L'ami qu'on sait fidèle
Le soleil de demain
Le vol d'une hirondelle
Le bateau qui revient
L'ami qu'on sait fidèle
Le soleil de demain
Le vol d'une hirondelle
Le bateau qui revient
Par-delà le concert
Des sanglots et des pleurs
Et des cris de colère
Des hommes qui ont peur
Par-delà le vacarme
Des rues et des chantiers
Des sirènes d'alarme
Des jurons de charretier
Plus fort que les enfants
Qui racontent les guerres
Et plus fort que les grands
Qui nous les ont fait faire
Il nous faut écouter
L'oiseau au fond des bois
Le murmure de l'été
Le sang qui monte en soi
Les berceuses des mères
Les prières des enfants
Et le bruit de la terre
Qui s'endort doucement.
Les berceuses des mères
Les prières des enfants
Et le bruit de la terre
Qui s'endort doucement.
La quête
1968
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.
03 avril 2008
Edmond LAFOREST
"Baiser du Jour"
Le soleil, crayonnant par la blanche persienne
Ses infiltrations sur la tenture ancienne,
Pose sur les cils noirs de la brune un rayon
Né d'un trou d'or, comme la nymphe du cocon.
... Le rayon promenant des antennes légères -
Songe de femme nue, étreintes mensongères ! -
Se vautre, boit du miel, bourdonne, abeille d'or,
Sous le nombril fleuri de la vierge qui dort.
Né à Jérémie le 20 juin 1876, Edmond Laforest, « Rêveur qu'effaroucha la cavale du rêve », conteur, critique, directeur de journaux (Haïti littéraire et scientifique, La Patrie), se tue dans sa piscine, le 17 octobre 1915, en s'attachant au cou un dictionnaire français ! Il joignait le geste symbolique à la parole, après sa vibrante protestation dans La Patrie contre l'occupation étrangère. Il en dénonçait aussi bien les causes intérieures, la crise généralisée du pays, la débâcle de l'ancienne Haïti. À ce titre, le roman de Jean Brierre, Province, fait de l'écrivain une figure emblématique, quoique fugitive, et Normil G. Sylvain écrit simplement : « Il est mort de la lente agonie de son pays » (La Revue Indigène, 1927)
Oeuvre désabusée
Comme celui de Nerval, ce suicide marque l'accomplissement non point tant d'une vie consacrée surtout à l'enseignement et à l'écriture (avec une brève incursion dans l'administration de Cincinnatus Leconte comme chef de division au département de l'Intérieur), que de l'œuvre poétique elle-même : Poèmes mélancoliques, L'Évolution, Sonnets-Médaillons du XIXe siècle, Cendres et flammes.
À sa manière, cette œuvre, comme celles d'autres poètes de sa génération, qui porte le nom de la revue autour de laquelle ils se regroupent, La Ronde, s'insurge contre la sombre réalité de son époque, que peignent avec une cruelle et féroce ironie les romanciers Hibbert, Marcelin et Lhérisson. Après la fin tragique de l'aventure libérale et l'échec du firminisme, l'heure du désenchantement, du détachement désabusé, du spleen et du désespoir instaure le temps du refus, et de la quête d'un salut par la littérature – nouvel absolu. Était-il permis de rêver, là où s'écroulaient les anciens espoirs et les nouvelles certitudes, une gloire littéraire nationale, qui prouverait au monde « la péréquation des facultés esthétiques du nègre et du blanc » ?
En même temps, comme le montre le dictionnaire Larousse au cou, l'œuvre révèle ses frontières et sa limite, celles précisément de l'idéologie libérale qui réclamait « le pouvoir aux plus capables » – idéologie élitiste, dépendante, nationaliste et religieuse. Il suffirait, pour s'en convaincre, de relire le poème « À la médiocrité égalitaire », ou les onze sonnets consacrés à un Christ de gloire, bien loin en vérité du Jésus historique des Évangiles.
Ombre et lumière
Aussi bien l'œuvre poétique offre-t-elle une méditation sur le génie, sur « les grandes âmes », ce qui ne va pas sans rappeler le splendide poème final des Illuminations de Rimbaud, « Génie ». Dans les Sonnets-Médaillons comme dans les différents « profils » qu'il trace ailleurs, à travers la galerie des écrivains, musiciens, savants, penseurs, artistes et hommes d'État qu'il parcourt, Laforest exalte l'essor vers la lumière, la radieuse participation à l'efflorescence lumineuse, le déploiement chatoyant de couleurs irisées qui se marient dans une « symphonie des rêves ». Avec quelle joie le poète danse-t-il ce ballet de la lumière et de l'ombre, car celle-ci joue aussi de ses sombres feux, de ses silhouettes errantes et vaporeuses, au coeur du paysage de lumière ; la fascination qu'exerce sur lui « la belle mort » ne le lancerait-elle pas en « pleine lumière » ?
Assurément, le poème laforestien glisse vers les cendres plutôt qu'il ne s'élève dans les flammes, la lumière se diffracte en pluie de cendres, Thanatos l'emporte sur Éros. Ou encore, impuissant à « s'enfermer dans une tour d'ivoire hérissée d'hiéroglyphes à la manière des symbolistes farouches, princes des ténèbres », son poème se réfugie parfois dans la mièvrerie ou le maniérisme, refuse « la cavale du rêve » ; il aura préféré se livrer à la mort.
Écriture poétique
On situe souvent l'écriture poétique d'Edmond Laforest au confluent d'influences parnasiennes et symbolistes. Cependant, plus que Hérédia, c'est bien le souffle profond de Novalis, Baudelaire et Poe qui irrigue I'œuvre. Et s'il demeure un maître du sonnet pour les Poèmes quisqueyens d'un Burr-Reynaud par exemple, l'admiration que lui voue la génération de la Revue Indigène (un Normil G. Sylvain, un Émile Roumer surtout dans divers entretiens), souligne davantage sa modernité. Le lecteur appréciera sans doute la musicalité poignante, très personnelle, dans cet extrait d'un poème intitulé « Musique du silence » :
J'ai soufflé de mon faible souffle
La lampe d'or.
Mon âme dort
Et sur mon amour la mort souffle.
J'avais l'amour de la lumière
Et la lumière de l'amour
Dans la chaumière
De mon corps, la bûche d'humour
Et d'amour est pleine de cendres.
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