Divine indécence...

Art photographique, Photos sensuellement érotiques, Poésie, Musique, Littérature érotique...

07 décembre 2009

Un peu de lecture

Voici une petite sélection de cadeaux qui ne laisseront pas indifférents. Des photos de lingerie provocantes, tendres ou tendances ou encore les conseils avisés de Rebecca Apsan, spécialiste des dessous chics de la boutique New Yorkaise "La Petite Coquette".

Un rien m'habille: un livre tout léger, qui retrace en courts textes l'histoire de la lingerie, illustré de nombreuses photos charmantes et joyeuses...

Agent Provocateur Exhibitionist Photos de Lingerie Simone Pérèle
Photos de Lingerie AubadeLivre sur la Lingerie

Pour accompagner en douceur ces lectures, deux petits disques, pas nouveaux mais incontournables, pour les amateurs de lounge-music sexy...

Agent Provocateur Peep-Show CD La Perla Noir CD

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08 janvier 2009

Eros nippon

Pas besoin d'avoir beaucoup voyagé au Japon pour savoir qu'au pays du Soleil Levant la nuque des femmes est le point culminant du désir.

Et que tout l'art de porter le kimono consiste à laisser plus ou moins profondément glisser l'échancrure du col, dévoilant un triangle de peau blanche. La séduction n'est pas, comme en Occident, dans le dévoilement d'un sein, d'une paire de jambes, mais dans la façon de dénuder les épaules et les reins en laissant tomber le kimono. Mais a-t-on vraiment conscience que «la racine des cheveux en forme de U renversé - ou de vulve - fait partie des critères de beauté»? Sait-on que le maquillage en forme de W sur la nuque des geishas est appelé «sanbon ashi» («trois jambes») ou «eri ashi» («le col des jambes») évoquant «la trace de jambes écartées»? Et que dire du «nozoki eri» (littéralement «espionnage du col»), cette forme de voyeurisme qui consiste à plonger le regard de la nuque vers l'intérieur du kimono?

La troublante fascination de la nuque n'est qu'une des nombreuses étapes d'un étonnant voyage à la recherche de l'Eros nippon: tel est le parcours du tout nouveau «Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon» d'Agnès Giard. Celle-ci, qui avait déjà publié «L’Imaginaire érotique au Japon» chez Albin Michel, livre cette fois une version plus trash (du moins au niveau de la présentation) d’un sujet d’études qui confine à l’obsessionnel.

En six chapitres (Le Corps, La Beauté, Le Fantastique, L'Amour, La Sexualité, L'Industrie du sexe) et à l'aide de 400 mots-clés, dans des rubriques en ordre alphabétique, l'auteur, en exploratrice intrépide, guide le lecteur dans les étendues torrides et les territoires les plus secrets de ce continent inconnu qu'est l'érotisme japonais. Avec une érudition qui force le respect, abordant aussi bien la littérature ou le théâtre que les arts traditionnels ou les religions. Et pas mal d’informations pour les voyageurs à la curiosité aiguisée...

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A ne pas mettre entre toutes les mains, évidemment.

«Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon», par Agnès Giard (Drugstore), 336 pages, 35 euros.

Du même auteur: «L’Imaginaire érotique au Japon» (Albin Michel).

Source  : bibliobs

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21 novembre 2008

Les Patientes

Carnets secrets d'un psychanalyste de Hugo Trauer

Peu de temps avant sa mort, un psychanalyste réputé a confié à l'un de ses amis ses carnets dans lesquels il détaillait le travail d'analyse de ses patientes. De ces notes sont parvenues, à l'éditeur , celles qui s'intéressaient aux femmes sujettes à des délires et à des rites masochistes. Très détaillées, ces témoignages cliniques traquent le sentiment de culpabilité qui est, selon Trauer, au cœur de ces comportements étranges. Tous ces cas de femmes versées dans les humiliations et la souffrance sont décortiqués par le scalpel du psychanalyste qui, tout en décrivant les différents vécus masochistes de ses patientes, tente d'appréhender les mécanismes qui les ont conduites vers ces dérives. Les Patientes est incontestablement un puissant témoignage qui va plus loin que la simple narration de scènes masochistes, mais donne à comprendre ce qui pousse les femmes à rechercher un plaisir dans la douleur. Un texte fort qui deviendra une des références du genre comme le furent Histoire d'O, Le Lien ou Dolorosa soror.

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21 décembre 2007

Les cahiers Secrets


"Il ronronne comme un chat. Il a le baîllement d'un tigre, toute la jungle crie son contentement. Sa voix vibre dans sa poitrine. J'ai posé ma tête là et j'écoute, comme j'écouterais un orgue. Je suis allongée sur le lit. Je porte une robe de dentelle, sans rien d'autre, parce qu'il aime me regarder. "Maintenant, dit-il, on dirait un Ingres". Je ne supporte pas d'être loin de lui. Je m'assois par terre. Il me caresse les cheveux. Il pose des baisers ailés sur mes yeux. Il n'est que tendresse, attention.

Nous avons épuisé notre désir cet après-midi. Mais il baisse les yeux et me montre sa verge dressée comme une lance. Il est lui-même surpris : "Je t'aime ; je ne pensais même pas à faire l'amour, mais rien que de toucher...". Il m'assoit sur ses genoux. Nous nous abandonnons à l'ivresse du baiser. Pendant de longues minutes, très longues, les yeux clos, seules nos langues se mêlent. Et puis son sexe en moi, les murs de la chair cèdent l'un après l'autre - étreinte, ouverture, martèlement. Nous nous roulons par terre jusqu'à ce que je n'en puisse plus et que je reste étendue là, criant "non". Mais, lorsqu'il m'aide à enlever ma robe et m'embrasse par-derrière, je saute sur lui, à nouveau pleine de feu... ".

Henry et June - Les cahiers secrets (Anaïs Nin) 

Un ouvrage à savourer, lové(e)s dans un bon fauteuil, un parfum de lotus flottant dans votre salon, vêtu(e)s ou pas..., et Lui, ou Eux, ou Elle(s) dans la tête et... dans le corps... Je vous souris et vous souhaite une belle lecture.

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Bûcher velouté aux arômes délicats...

Les semences pourpres de l'innocence

 

Les semences pourpres de l'innocence

Dans les aciéries de l'outre-langage se trouvent des bassins de rétention dans lesquels incubent, germent et se développent d'étranges formes aux yeux pairs. Ces formes non alambiquées, substances psychotropes aux tendances carnivores, se répandent dans les mondes de la poussière, revêtues de déguisements incolores et camouflées dans les ramures syntaxiales des grammaires frigides. Elles sont les Amazones du temps détruit, les Walkyries de l'espace anéanti: filles de l'arc d'Apollon, on les nomme semences pourpres de l'innocence.



En guise de dégustation préalable...

PRIERE

Au plus profond d'une nuit sans sommeil, j'ai fait l'amour avec un arc-en-ciel. Dans cette étreinte aux frémissements lumineux, les vagues harmonieuses nous ont emmenés au plus loin des jouissances sensorielles, évadant nos corps enlacés bien au-delà des barreaux grossiers des mythes et chimères, dissous pour l'occasion dans le charme torrentiel et tranquille d'un souffle dévergondé. Le nuancier de sa peau éthérée a teinté mon corps de toutes ses fragrances émerveillantes, dix millions de frissons immobiles ont parcouru les réseaux de l'ultraderme azuré et nos caresses de miel ont recréé l'aurore vibrante d'une liaison unitaire. Courtisane hédoniste de ses caprices, je laisse mes songes dans leur nid pour m'abandonner, lascive, humide et chaude, à sa douce poigne de lumière, délicieuses retrouvailles qui transportent au pays des saveurs mordorées cette palette de ressentis monochromes que je suis devenue sous sa plume étincelante d'oiseau de feu.
Caresse-moi encore dans les prières silencieuses de ta volupté, écartèle mes sens au gré de tes fantaisies sucrées, dévore-moi de cette gracieuse aura non signifiante, et que je m'évapore dans tes bras emplis de braises afin que ne cesse jamais ce bûcher velouté aux arômes délicats.

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06 novembre 2007

La philosophie de l’amour...

Petit traité des grandes vertus

Dans notre langue, le mot "amour" est un mot souvent galvaudé, conjugué, utilisé indistinctement pour nommer des sentiments très divers : « J’aime ma Douce, mon Ange, mon chien et un bon plateau de fruits de mer… » C’est un "mot grenouille" qui veut avaler toutes les nuances du sentiment amoureux. Celles de l’amour naissant, et même de l’avant-amour, quand nous ne savons pas encore que nous aimons, celles de l’amour ébloui, comblé, les subtilités de l’amour blessé, les infinies graduations de l’amour finissant, les murmures et les odeurs du souvenir, de la nostalgie aimante, celles du regret ou de la haine. Oui, de la haine aussi, quand l’amour blessé se transforme en hostilité, en détestation, en amertume ou ressentiment et entretient un feu destructeur capable de tout détruire sur son passage.

Quand l'amour est là...nous déclinons ce mot avec des murmures ou des chants, des poèmes ou des silences chargés d’émotions, des intonations différentes, avec des regards, des gestes, des attentions particulières. Nous le ciselons avec des chuchotements, et parfois même avec des cris. Nous l’accordons avec d’autres mots, des adverbes, des adjectifs, des verbes énamourés, nous le flattons avec des élans, des enthousiasmes, nous l’agrandissons avec des rêves et des fantasmes. Nous tentons aussi de l’alléger quand il pèse si lourd dans l’absence, de le recréer quand il s’éloigne, de le faire germer pour des temps de famine affective, de le réchauffer l’hiver venu. Nous le berçons parfois dans des temps de solitude.

Le mot "amour" ne parle pas toujours d’amour, il dit plus souvent l’attente, le désir, le besoin, la déception, la frustration que la plénitude, le plaisir, l’abondance ou l’abandon.

Alors, si vous rencontrez le mot "amour" à l’orée d’une rencontre, à l’aube d’une relation, n’hésitez pas à l’apprivoiser, à en prendre soin et à le protéger, il contient des rêves et des élans précieux...

La philosophie de l'Amour Selon André Comte-Sponville

En 1995, André Comte-Sponville publie Petit traité des grandes vertus où il nous fait découvrir dix-huit vertus qui nous manquent et nous éclairent tout en s’appuyant sur les plus grands philosophes de l’histoire.

Selon lui, on n’aime pas ce qu’on veut, mais ce qu’on désire. L’amour ne se commande pas, c’est l’amour qui commande. L’amour n’est pas un devoir, car un devoir est une contrainte et une tristesse, alors que l’amour est le bien même et une spontanéité joyeuse. Il affirme que l’amour va bien au-delà des plaisirs érotiques. Les dimensions fondamentales de l’amour sont la tendresse, la complicité, la fidélité, l’humour, l’intimité des corps et des âmes, la joie, la familiarité, la paix, le silence et l’écoute. Être amoureux est à la portée de tous, mais aimer non. La famille est l’avenir du couple, de l’amour et son commencement.

Comte-Sponville relate l’explication que donne le philosophe Aristophane, philosophe du temps de Platon, de l’amour. Aristophane affirme qu’au départ, il existait trois genres humains : mâle, femelle et le troisième était moitié mâle, moitié femelle. Chaque être humain était composé de quatre mains, quatre jambes, deux visages et une tête unique. Chacun avait une très grande force, une vigueur incroyable et de grandes ambitions. Les humains entreprirent, un jour, de faire l’ascension du ciel pour s’attaquer aux dieux. Zeus décida après mûre réflexion de couper les hommes en deux pour qu’ainsi ils soient épargnés, affaiblis et plus utiles parce qu’ils seront plus nombreux. Chaque moitié regrettait sa moitié et voulait la rejoindre. Ces individus mouraient de faim et d’inaction, car ils ne voulaient plus rien faire l’un sans l’autre. Zeus prit pitié et leur plaça le sexe sur le devant, car jusqu’à présent, ils le portaient à l’arrière et ils engendraient et enfantaient dans la terre. Ils purent ainsi procréer l’un dans l’autre, du mâle dans la femelle. De cette façon, si un homme rencontrait une femme, il pourrait engendrer et donner naissance à une lignée. C’est donc de cette lointaine nature humaine que provient l’amour; chacun cherche sa deuxième moitié.

Comte-Sponville affirme qu’il existe trois types d’amour : le premier se nomme érôs et est l’amour rêvé, le deuxième se nomme philia et est l’amour réel tandis que le troisième se nomme agapè et est l’amour pur et divin. Bien que ces trois formes d’amour soient très différentes, elles peuvent coexister dans un même couple. Voyons-les en détail.

L’amour érôs... a d’abord été défini par le philosophe Platon. Platon affirmait que l’amour conjugal est le plus fort de tous les amours, le plus violent, le plus riche en souffrances, en échecs, en illusions et en désillusions. Le manque est son essence, c’est-à-dire qu’on est en amour avec ce qui nous manque et la passion amoureuse est son sommet. C’est donc un amour caractérisé par la souffrance et la possessivité.

Le deuxième type d’amour, philia... a été défini par le philosophe Spinoza. Il correspond à un amour heureux qui ne manque de rien, un amour que l’on fait ou que l’on donne. Deux personnes en amour jouissent d’eux-mêmes, l’un de l’autre, l’un par l’autre, ils jouissent de leurs désirs, de leur amour. C’est aimer l’autre tel qu’il est. L’amour est un désir puisque le désir est l’essence même de l’homme. Cependant, le désir n’est pas un manque mais une puissance et l’amour est une joie. Aimer, c’est prendre plaisir à voir, à toucher, à sentir, à connaître ou à imaginer. L’amour est une joie qui s’ajoute au plaisir et le plaisir n’est un amour que s’il réjouit l’âme. L’amour n’est pas demander, mais remercier; il n’est pas posséder, mais jouir; il n’est pas manque, mais gratitude. Lorsque l’on dit « je t’aime », cela signifie qu’on est joyeux que l’autre existe. Ce n’est pas un amour malheureux, car il n’y a pas de bonheur sans amour. Aimer une autre personne, c’est désirer qu’elle soir, quand elle est, c’est jouir de son existence, de sa présence, de ce qu’elle offre de plaisirs ou de joies. C’est donc un amour-joie : c’est la joie d’aimer et d’être aimé, c’est une bienveillance mutuelle ou susceptible de le devenir, une vie partagée, un plaisir et une confiance réciproques. C’est un amour-action contrairement à érôs qui est un amour-passion, mais les deux peuvent se mêler dans la vie amoureuse, car on peut aimer passionnément et joyeusement.

Le troisième type d’amour, agapè... est l’amour le plus rare, le plus précieux, le miraculeux. Une personne recule d’un pas et l’autre recule de deux pour lui laisser plus de place, pour ne pas la bousculer, l’envahir ou l’écraser. Cet amour est une renonciation à l’ego, à la puissance, au pouvoir. C’est ce qu’il y a de plus divin dans l’amour, car il correspond à l’amour de Dieu, mais peut aussi se vivre dans un couple. C’est le retrait, la douceur, la délicatesse, c’est exister moins, l’autolimitation de son pouvoir, de sa force. C’est oubli de soi, sacrifice de son plaisir et de son bien-être. C’est un amour pur, gratuit, désintéressé, bref, de la compassion....

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11 octobre 2007

Amour et haine, selon Jeammet

La haine nécessaire

"Généralement la haine et l'amour sont compris comme des forces ou des sentiments opposés : la haine détruit, attaque les liens ; elle est la complice de la mort. L'amour, en revanche, construit, tisse des liens, compose des ensembles plus grands ; elle est au service de la vie.

Or, voulant parler ici de la psyché, et des lois qui régissent son fonctionnement, nous avons sans cesse été confrontés à ce problème des destins entièrement intriqués de la haine et de l'amour.

L'amour a besoin d'intégrer la haine pour être authentique : sans cette intégration, l'amour donne la mort de la confusion. Mais, de la même façon, la haine a besoin de l'amour, pour échapper à son destion de semer la mort de la désintrication, de la déliaison. Réintégrée dans l'amour, elle est une force de vie. La question ne se pose donc plus dans des termes d'exclusion de l'une par l'autre, mais dans des termes de fécondation réciproque, nécessitant néanmoins une relation vivante et stable pour se produire."

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01 octobre 2007

Etre Fidèle, affaire de mémoire, selon Comte-Sponville

   

Petit traité des grandes vertus

"La fidélité est l'amour maintenu de ce qui a eu lieu, amour de l'amour, en l'occurrence, amour présent (et volontaire, et volontairement entretenu) de l'amour passé. Fidélité c'est amour fidèle, et fidèle d'abord à l'amour.

Comment te jurerais-je de t'aimer toujours ou de n'aimer personne d'autre ? Qui peut jurer de ses sentiments ? Et à quoi bon, quand il n'y a plus d'amour, en maintenir la fiction, les charges ou les exigences ? Mais ce n'est pas une raison pour renier ou désavouer ce qui fut. Qu'avons-nous besoin, pour aimer le présent, de trahir le passé ? Je te jure, non de t'aimer toujours, mais de rester fidèle toujours à cet amour que nous vivons.

L'amour infidèle, ce n'est pas l'amour libre : c'est l'amour oublieux, l'amour renégat, l'amour qui oublie ou déteste ce qu'il a aimé et qui dès lors s'oublie ou se déteste lui-même. Mais est-ce encore de l'amour ?

Aime-moi tant que tu le désires, mon amour ; mais ne nous oublie pas."

André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, 1995

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25 septembre 2007

C.Q.F.D. ce que femme désire

Voici un petit livre de 140 pages qui risque de remettre certaines pendules à l’heure. Au travers d’une enquête passionnante et surtout ludique (car qui dit désir, dit aussi jeux et enjeux), deux femmes aux cultures différentes racontent comment les femmes vivent leurs désirs.

Bien sûr, si vous achetez n’importe quel magazine féminin, on vous parlera du désir, de la séduction, de la sexualité. Or, le plus souvent le titre de l’article est aguicheur et le contenu complètement vide. Ou presque. Si l’on en croit ces journaux toutes les femmes ont le même comportement face à un homme et elles sont toutes de vraies salopes (ou de futures salopes) incollables sur ce que sont la drague et le sexe et n’ont aucun problème à coucher dans leurs lits (ou ailleurs. Le mieux c’est ailleurs, les hommes adorent cela d’après ces enquêtes) réclamant à corps (sexy bien sûr) et à cris (rauques et sensuels comme ceux d’une panthère amoureuse) le droit à la jouissance, là, maintenant, tout de suite. En réalité, rien n’est moins sûr.

Ce que ce livre révèle au travers de témoignages de femmes de cultures et d’expériences différentes, c’est que chacune vit son rapport au désir comme elle a été éduquée. En explorant l’Histoire, les contes et les mythes pour raconter l’évolution du désir à travers les âges, en analysant ce que sont les comportements des néo-amazones, des néo-féministes, des poly-amoureuses, des nouvelles abstinentes, en récoltant des confidences de femmes de tous milieux, Khadi Sy Bizet (médecin d’origine africaine) et Eliza de Varga (parolière et auteur d’origine française) redessinent la carte du tendre.

Avec audace ou émotion, les femmes dévoilent leur séduction et leur féminité balayant d’un revers de main les préjugés qui ont la peau dure. Non, toutes les femmes ne sont pas des tigresses avides de sexe prêtes à recevoir les hommages les cuisses ouvertes et les yeux fermés ! Les femmes aiment la séduction, le rire, rêver et puis jouir. Tout n’est qu’affaires de désir. Et le désir, cela se cultive avec l’autre.

C.Q.F.D ce que femme désire, Khadi SY Bizet et Eliza de Varga, JC Lattès

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Osez le Kama Sutra

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Poursuivant Osez, leur collection de petits guides précis et ludiques consacrés à toutes les pratiques sexuelles, La Musardine nous offre cette fois-ci le Kama Sutra sens dessus dessous ou sans dessous dessus, à lire seul(e) ou accompagné(e)s.

Le Kama Sutra de La Musardine est l’œuvre de Marc Dannam et Axterdam. Le premier est l’auteur de Osez faire l’amour partout sauf dans un lit, Osez vivre nu et Osez faire l’amour à 2, 3, 4 ; le second est l’illustrateur des dessins intérieurs des livres de la collection et l’auteur de Osez le bondage.

Marc et Axterdam ont eu l’idée de revisiter 49 positions du Kama Sutra en les classant selon les 7 péchés capitaux. En effet, si vous laissez de côté la logique qui associe le Kama Sutra à la gymnastique et à l’acrobatie, reconnaissez que vous ne faites pas l’amour de la même manière selon que vous êtes dans un endroit ou dans un autre, que vous êtes pressé ou disponible pendant plusieurs heures ou tout simplement parce que votre compagne(on) vous inspire de façon délicieusement délirante ou gentiment paresseuse.

Je ne vous livrerai ici qu’un aperçu rapide des positions dont les noms m’ont amusée pour une raison ou pour une autre en suivant la classification chronologique des auteurs. Extraits :

    Envie : la cavalière du bois : il est assis sur une chaise, elle se pose sur son sexe dressé. Prenez bien appui sur le sol et chevauchez votre alezan, mademoiselle. N’hésitez pas à fouetter votre monture pour qu’elle prenne le bon rythme.

-  Gourmandise : la margelle du puits : jambes relevées, vous lui offrez votre sexe grand ouvert, comme la vasque d’une fontaine dont il viendrait laper l’eau fraîche, et d’ailleurs il vous déguste. Et comme il bien élevé et serviable, il vous soutient les fesses. Il ne veut pas que vous soyez trop fatiguée pour ce qu’il se passera ensuite.

-  Orgueil : le double lotus : vous ressemblez à Marlon Brando, vous avez la somptueuse poitrine de Maria Schneider… Vous avez toujours fantasmé sur les scènes chaudes du Dernier tango à Paris. Vraiment ! Vous allez essayer de faire l’amour à leur manière, alors même que vos corps peuvent à peine se mouvoir.

-  Avarice : miroir, mon beau miroir : installez-vous devant un grand miroir. Vous voilà en position assez classique. Mademoiselle tend ses petites fesses vers le sexe dressé de monsieur à genoux derrière elle.

-  Colère : gode, divin gode : pendant que monsieur vous besogne avec ardeur, mademoiselle, sodomisez-le avec vigueur avec ce joli gode. Soyez délicate, attendez pour vous déchaîner qu’il soit au bord de la jouissance. Et tant pis s’il souffre un peu, il l’a bien mérité.

-  Luxure : mademoiselle reçoit au salon : une fille et trois garçons – à ce stade, peu importe la position ! Mademoiselle, sachez bien que ce que vous êtes en train de vivre n’est pas dans l’ordre des choses : il s’agit d’un moment extraordinaire, ne le laissez pas gâcher par la maladresse de vos (nombreux) amants !

-  Paresse : la boudeuse* : « *la fille tourne le dos à son fouteur qui lui prend une de ses cuisses, passe la sienne entre, élève l’autre sur sa hanche et enconne bas et roide ; se couche sur ses cuisses à demi renversée, fout de suite et s’endort sur la besogne. Cette façon n’est pas sans attraits, c’est d’ailleurs une bonne recette pour faire un beau rêve. »

Sans plus attendre, profitez donc de votre été pour revisitez de façon humoristique quelques-unes des positions du Kama Sutra tout en découvrant des conseils judicieux et de bon aloi.

*Extrait de L’art de foutre en quarante manières, Anonyme, Mille et une nuits

Osez… le Kama Sutra, Marc Dannam et Axterdam, La Musardine 114 pages 8 € 

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