19 décembre 2008
Eyeworks Photography








17 décembre 2008
Eda Emirdag

Triple traduction en image des interprétations sensibles, des mots et des idées, le rêve met à notre disposition une réinterprétation inédite et entièrement subjective de la réalité. Le connu se déforme et se mêle à la réécriture inconsciente des souvenirs. Ces réminiscences du quotidien, visuelles, olfactives, tactiles, sonores, se traduisent dans le rêve par un flot d'images organisées dans un temps incohérent, au contenu frôlant l'inintelligible.
Le rêve n'est pas absurde, il repose sur des mécanismes qui nous échappent. Au réveil, la pensée est troublée, elle essaye de réunir les bribes, de fixer les couleurs, les impressions... et déjà tout n'est plus là. Eda Emirdag se sert de ces restes pour composer ses images. En se concentrant sur une seule scène, elle intensifie le souvenir et le rend manifestement pictural et narratif. Comme dans le rêve, la lumière joue un rôle de fil conducteur, elle est le chemin vers une tentative de récit. Elle pénètre par des interstices improbables pour mettre en avant un personnage, un lieu, un objet.
Elle crée des teintes surréelles et détaille l'importance accordée à l'histoire: un bleu profond envahit un ciel couvert, un rouge saigne sur un visage, un autre tâche en dégradé un rideau épais. Dans les photographies d'Eda Emirdag, plusieurs images se superposent, se joignent, s'additionnent pour mieux retrouver l'étrangeté d'un souvenir. Une fenêtre s'ouvre sur un canapé, un sol carrelé est verticalement posé près d'un mur dont l'existence n'est pas avérée, des textes sont superposés sur un visage ou un corps nu.
Ces textes sont ceux de la chanteuse et poétesse turque UmayUmay, celle à qui Eda a dédié toute sa production. Umay, dans la mythologie chamanique turque est la déesse de la terre et de la fertilité, son nom signifie placenta. Il est assez intéressant alors de savoir qu'elle fut une des premières à croire en cette jeune photographe et à l'encourager. Eda Emirdag est venue à la photographie à la suite d'une rupture amoureuse. Pour la sortir de sa douleur, sa mère lui a fait cadeau d'un appareil photo.
Eda s'est mise alors à photographier tout et n'importe de quoi : un caillou dans une rue, une scène de film, l'œil gauche d'un homme... Puis elle a rencontré Umay et celle-ci lui a offert un nouvel appareil, l'a poussé à devenir elle-même. Entourée de bienveillance féminine, Eda puise sa force créatrice dans ce que lui inspire les femmes : «Je regarde le monde à travers leur perspective» dit-elle. Elles sont partout présentes : dans l'embrasure d'une porte, allongées sur une table, un banc ou un lit, repliées sur elles-mêmes dans des lieux confinés... et ce qui est déroutant c'est qu'elles sont sans visages : «Je prendrais le visage de mes modèles si je voulais le mettre en évidence. Je ne suis pas une portraitiste. La position du corps m'intéresse dans ce qu'elle exprime, un visage dit des choses complétement différentes».
Ce que racontent ces corps s'apparente au mystères du rêve. La forme littérale ne l'intéresse pas. La symbolique de leur positions est à chercher dans des strates plus abstraites. Les images d'Eda Emirdag communique avec l'inconscient de chacun, le sentiment est transmis sans nécessité de traduction. Il en va de même pour les titres qu'elle donne à ses images. Peut-être faudrait-il connaître le titre original en turque mais la traduction quelque fois un peu maladroite en anglais ajoute un charme mystérieux à l'interpretation de ces étonnantes images «It's same to all langage», «If you wake up, we'll cry», «Crystal Cinema;»... Fabriquées selon un processus mécanique, chimique et modifiées parfois par l'informatique, cette banque d'images sorties de l'inconscient de cette jeune photographe sont un ravissement tant pour la pensée que pour les sens. Eda nous dit que nous l'avons rencontré un peu tôt. Nous sommes heureux de l'avoir découverte à ce moment là et attendons avec délectation sa future maturité.
Article: fineart
15 décembre 2008
Aaron Hawks
Ici tout est fin, l’histoire est mystérieuse, l’univers implacable nous transporte et nous regardons ses images fixes comme on regarde un film. L’univers est sans aucun doute inspiré de l’environnement cinématographie et de multiples références peuvent s’y associer. C’est décalé, profondément décalé et parfaitement soigné.
Aaron Hawks nous vient de San Francisco ou il a vécu une grande partie de sa vie. C’est à Berlin qu’il a élu domicile, dans cette ville où l’Art a trouvé résidence.
Dans l’univers d’Aaron, la scénographie prend un relief très particulier. Aaron construit des maquettes grandeur nature et fait vivre dans cet environnement ses modèles féminins. Erotisme raffiné, fétichisme, presque tout est présent dans sa photographie avec une pointe aiguisée pour le bon goût. Les mauvaises langues diront qu’Aaron est un américain prudent qui ne veut pas choquer. Nous ne le pensons pas. Aaron Hawks est un homme de goût.
En rencontrant Aaron Hawks vous êtes assez perturbé. Il se mue en un personnage unique, personnage à mi chemin entre le burlesque et le sérieux. Aaron Hawks est issu d’une bande dessinée et vient de notre subconscient. Il est un tantinet suranné avec son style des années 30, chacun y verra sans doute un personnage qui lui est propre.
12 décembre 2008
Jam Abelanet
Visite du portfolio d'un photographe de talent : Jam Abelanet
Une rubrique est particulièrement captivante, Fantaisies Souterraines aux éditions Ragage et elle regroupe tous ses clichés de nus réalisés dans le métro parisien.
Son objectif n'était pas de faire de l’exhibitionnisme comme il le dit lui-même, mais d'explorer différemment le métro.
Malgré quelques réticences
de la part de la RATP, Jam s'est plié en quatre pour nous livrer ces
superbes clichés
Retrouvez également une interview de l'artiste sur Nuexpo.
11 décembre 2008
Sarah Moon

Pour Noël sort, aux éditions Delpire, un coffret consacré au travail de la photographe Sarah Moon. A cette occasion, la galerie Camera Obscura, située en face de la Fondation Cartier, propose une rétrospective de son œuvre. Si les photos de la shooteuse des publicités Cacharel, âgée aujourd'hui de soixante-sept ans, ne se situent pas vraiment dans ce qu'on fait de plus pointu en matière de photographie contemporaine, on prend plaisir à feuilleter le coffret comme si on se replongeait dans un album de photos de famille, avec cet émouvant mélange de familiarité et d'imperfection qui fait le style de Sarah Moon, écho à l'esthétique des photographes pictorialistes anglais de la fin du XIXe siècle.
"Je guette ce que je n'ai pas prévu, j'attends de reconnaître ce que j'ai oublié; j'espère le hasard et je souhaite plus que tout, être touchée en même temps que je vise."
10 décembre 2008
Merkley
Photographe quelque peu déjanté mais doué...
Ce que Merkley propose dans sa série aux sofas (suivre le lien) est aussi simple que complexe à réaliser. Quelques jeunes lianes de sa connaissance attendent le messie sur un sofa, et Merkley les photographie. Chaque scène est unique. Le dispositif créé par Merkley dit l'intimité d'une manière jamais éhontée ni traître, cependant il la dit pleinement. Au temps des photos volées où le moindre soupçon de naturel de la personne espionnée vaut de l'or, la manière tranquille dont les personnages de la série des sofas s'exposent, coupe le souffle. Comme si Merkley, le photographe, parvenait à faire entrer tous ces éléments en lévitation, jusqu'à ce qu'ils trouvent leur parfaite place dans le temps et dans le lieu. La série alors subjugue, déroulant sa superficie étrange, liant un ensemble de décors qui s'équilibrent magistralement entre le factice et le vrai. Le sofa miteux ou high tech de Merkley invente un mixte confortable issu de la cinématographie et des plastiques pelliculées, comme si l'on basculait des effrontées de Manet au XXIème siècle... ces femmes au sofa, parfois secondées d'un animal, sont les jumelles de celles qui caressent les grands fauves de Klimt, et toutes proches aussi de celles de Kertész photo à l'appui.
09 décembre 2008
Mariano Vargas
Le photographe d'origine espagnole, Mariano Vargas, s'inspire de peintures classiques pour en faire des oeuvres sexy... il fait de la Vierge une dame tatouée dans un style japonisant, la Dame à l'Hermine de De Vinci porte un chien-robot dans ses bras et Velasquez ou Goya se font peintres érotiques. Outre la lumière presque anti-naturelle, les expressions de visage et la construction de l'espace sont parfaitement travaillées.










Mariano Vargas web site : http://www.marianovargas.com/
Entretien avec Mariano Vargas
Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?
Mon œuvre parle des femmes, de leur beauté. Tout au long de l’histoire, l’humanité a contracté une dette importante envers le genre féminin, jusqu’à aujourd’hui encore où se poursuivent les abus commis dans l’apparente normalité qui règne entre les deux sexes. Mes images viennent du profond respect que je ressens pour la femme et de cette nécessité qui m’anime de découvrir, d’exprimer et de sublimer la passionnante beauté d’une femme dénudée.
Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?
Je me suis toujours senti inspiré par les grands maîtres de la peinture comme Raphaël, Boticelli ou de Vinci plus que par des photographes, bien que le travail de Helmut Newton, Bob Carlos Clarck et de quelques autres génies de la photographie de nus a été très important dans mon éducation de photographe.
Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?
Une diffusion stupéfiante de mes œuvres.
Le web est sans aucun doute la meilleur façon d’exposer notre travail et non seulement d’atteindre les connaisseurs, mais aussi le grand public, toutes ces personnes en recherche constante de propositions artistiques.
Internet est le média idéal pour accélérer le travail et rendre plus facile le contact tant avec des modèles intéressés à poser pour mes images qu’avec les galeries pour réaliser des expositions.
Votre travail a-t-il déjà été censuré ? Dans ce cas, comment avez-vous réagi ?
Oui, on m’a censuré une image qui devait être présentée lors d’une exposition collective dont le thème était « le derrière ». Je l’ai assez mal pris car il me plaisait beaucoup de pouvoir accrocher une œuvre aux côtés de Man Ray, Lucien Clergue ou Mapplethorpe. L’œuvre en question montrait une jeune femme nue, de dos, avec un grand tatouage et une icône religieuse (un enfant Jésus) dans la main. « Avec l’Église nous sommes tombés. »
Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?
En ce moment, je travaille sur une nouvelle série d’images pour exposer en 2008, ainsi que sur un projet éditorial.
Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?
Je vis sur la côte de l’Andalousie, entre la Méditerranée et l’Atlantique. Un lieu plein de lumière où les verts et les bleus s’entrelacent et où la hâte n’est pas aux commandes.
Propos recueillis en novembre 2007
Incubus'
08 décembre 2008
Jean-Claude Delalande - Tentatives
En septembre dernier, ici, je vous parlai de Jean-Claude Delalande, et bien il fait parti des "Jeunes" photographes de la Bourse du Talent 2008.
Jean-Claude Delalande "Tentatives" coup de coeur de la Bourse du Talent.




Narcissique et auto destructeur, Jean-Claude Delalande est sans aucun doute les deux. A la fois metteur en scène, acteur et spectateur, il s’insinue dans ses fantasmes avec la distance salvatrice de l’humour. Et il en fallait pour sauver l’homme dans ces multiples tentatives qu’on suppose de suicide, avec la déclinaison des mises à mort : le rasoir, l’asphyxie, l’empoisonnement, la noyade en chambre, la chute de cheval, le knockout définitif et d’autres voies plus originales encore. La lettre d’adieu, les derniers mots ont beau être écrits en bonne place, les tentatives sont vouées à l’échec, le "serial suicidomane" inspiré par son double finira par se donner le coup de grâce en déchirant son portrait, sans être vraiment certain de ne pas lacérer son âme.
Depuis 1998, la Bourse du Talent, décernée à de jeunes photographes,
leur offre une reconnaissance de la profession et un espace d’exposition.
Forte du succès de l’exposition présentée l’an dernier à
l’occasion de la 10e édition, la BnF poursuit l’aventure.
L'Exposition aura lieu : à la BnF
Site François-Mitterrand
Quai François-Mauriac
75706 Paris
Du 19 décembre 2008 au 22 février 2009
et le vernissage le 18 décembre 2008 de 19h à 21h - cliquez ici pour télécharger le carton d'invitation.
S’il existe de nombreux prix consacrant le travail de photographes reconnus, il en est peu qui privilégient la découverte et la promotion de jeunes talents. C’est ce défi que relève la Bourse du Talent. Au fil de ses dix éditions, elle a révélé, parmi bien d’autres, Jürgen Nefzger, Marion Poussier, Aurore Valade ou encore Grégoire Éloi. Fruit de l’engagement d’un groupe de professionnels, ce prix est organisé par Photographie.com et ses partenaires.
Les images fortes, délicates ou fugitives, proposées par de jeunes photographes, engagés dans leur passion de montrer, répondent à trois grands thèmes : Reportage, Portrait, et Paysage. Confrontés à un monde d’images banalisées, ces nouveaux regards sont fragiles, ils peuvent disparaître s’ils ne sont pas révélés à un large public. L’invitation faite par la BnF, poursuivant ainsi sa tradition d’ouverture à la photographie vivante, démontre combien la passion du public rejoint celle des photographes. Ce lieu historique où l’écrit et l’image racontent ensemble le monde entier, se veut garant de la pérennité du talent. Les lauréats 2008 seront présentés à la BnF et leurs oeuvres viendront à cette occasion enrichir les collections du département des Estampes et de la photographie.
Les lauréats 2008 : Renan Astier - Christophe Chammartin - Magali Corouge - Jean-Claude Delalande - Marilia Destot - Damien Fellous - Jean Frémiot - Boris Gayrard - Laurent Julliand - Stephanie Lacombe - Marikel Lahana - Steffen Rault.
05 décembre 2008
Magic Zyks










Magic Zyks web site : http://masado.gosi.at/zyks/
Thomas Illhardt





Thomas Illhardt
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